AFRIQUE SUBSAHARIENNE: SELON LA BANQUE MONDIALE,LA CROISSANCE ECONOMIQUE DEVRAIT REBONDIR EN 2019

Selon la nouvelle édition d’Africa’s Pulse, un rapport semestriel de la Banque mondiale,la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait rebondir d’ici 2019,après avoir enregistré son niveau le plus bas depuis plus de deux décennies en 2016.Publié le 19 avril 2017,ce rapport fait ressortir que la croissance économique de la région devrait atteindre 2,7% en 2017, 3,2 % en 2018 et 3,5 % en 2019.

La Banque mondiale fait savoir que:«La reprise prévue reste néanmoins faible, et la croissance économique ne devrait se situer que légèrement au-dessus de la croissance démographique, soit un rythme qui entrave les efforts en faveur de l’emploi et de la réduction de la pauvreté».Les taux de croissance projetés cachent aussi de grandes disparités entre les pays dont les économies dépendent largement des ressources naturelles, hydrocarbures en tête, et les pays dont les économies sont moins tributaires de ces ressources.

Le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Angola, les principales économies du continent, enregistrent un rebond après le ralentissement brutal de 2016, mais ce redressement est lent en raison d’un ajustement insuffisant par rapport à la baisse des prix des matières premières et à l’incertitude des politiques. En outre, plusieurs pays exportateurs de pétrole de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont confrontés à des difficultés économiques.

Selon les dernières données, sept pays (Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Mali, Rwanda, Sénégal et Tanzanie) continuent de montrer une résilience économique, aidés en cela par la demande intérieure. Ces pays ont affiché des taux de croissance annuels supérieurs à 5,4 % entre 2015 et 2017, concentrent près de 27 % de la population de la région et représentent 13 % de son PIB total.

La Banque mondiale relève aussi que les risques associés à ces perspectives régionales tiennent au durcissement plus important que prévu des conditions de financement sur les marchés mondiaux, à une amélioration moins franche des prix des matières premières et à une montée du protectionnisme. Sur le plan intérieur, les risques pour la reprise actuelle sont liés au rythme inadéquat des réformes, à l’accroissement des menaces de sécurité et à un climat d’incertitude politique avant les élections dans certains pays.

L’ économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique Albert G. Zeufack fait savoir que:«Alors que les pays procèdent à des ajustements budgétaires, nous devons protéger les conditions propices à l’investissement afin que les pays d’Afrique subsaharienne connaissent une reprise plus forte.Nous devons mettre en œuvre des réformes qui augmentent la productivité des travailleurs africains et créer un environnement macroéconomique stable. Des emplois plus productifs et de meilleure qualité contribuent à lutter contre la pauvreté sur le continent».

CARINE MAMBOU

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