AFRIQUE DU SUD: DES MILLIERS DE MANIFESTANTS ANGLOPHONES REUNI A PRETORIA POUR LA PARTITION DU PAYS

A Pretoria, des manifestations favorables à la partition du pays ont réuni des milliers de manifestants anglophones.

Ce jeudi 21 septembre, tandis que trois policiers camerounais ont été blessés dans « un attentat » à l’explosif à Bamenda, épicentre de la crise provoquée par la contestation anglophone au Cameroun. Plusieurs milliers de Camerounais anglophones favorables à la partition de leur pays ont manifesté pacifiquement vendredi dans les rues des régions anglophones au Cameroun et à Pretoria en Afrique du Sud.

Depuis vendredi matin, plusieurs milliers de personnes marchent pacifiquement dans les rues de Bamenda et de Pretoria. Selon la radio d’Etat, les autorités de la région anglophone du Nord-Ouest ont interdit toute manifestation de rue ainsi que les déplacements entre les départements de la région jusqu’au 3 octobre prochain. Une forte présence policière a été déployée vendredi à Bamenda, ont affirmé plusieurs sources. Les « manifestants sont arrivés à l’entrée du campus de l’université de Bamenda. Ils ont chanté et hissé le drapeau de l’Ambazonie, la république indépendantiste qu’ils veulent créer. Ils ont ensuite enlevé leur drapeau et poursuivi leur marche, sans heurts. En ville, les commerces ont été fermés ».

D’autres manifestations ont eu lieu dans la région du Sud-Ouest, la seconde région anglophone du Cameroun, sur les dix que compte le pays. Les indépendantistes camerounais avaient appelé à la manifestation pacifique jeudi sur les réseaux sociaux, et certains d’entre eux y ont envisagé de proclamer symboliquement le 1er octobre l’indépendance des régions anglophones. Depuis novembre 2016, la minorité anglophone soit environ 20% des 22 millions de Camerounais proteste contre ce qu’elle appelle sa marginalisation, entre autres dans l’enseignement et la magistrature.

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme tandis qu’une minorité réclame la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse Yaoundé.

En outre, selon la Cameroon radio-television (CRTV), la ville de Douala, poumon économique du Cameroun, a été la cible d’une double explosion d’origine « criminelle » ce vendredi 22 septembre près de la Société camerounaise de dépôts pétroliers (SCDP) qui n’a heureusement pas fait de victime. L’explosif a été fabriqué à l’aide d’une « bouteille à gaz et de deux batteries de moto ».

L’origine de la double explosion est « criminelle« , a affirmé sur les antennes de la radio d’Etat le gouverneur de la région du Littoral Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Aucune organisation n’a pour l’heure revendiqué la double explosion. Le gouverneur a néanmoins déclaré: »les techniques utilisées à Douala, nous les connaissons dans certaines zones où le terrorisme a commencé », ne précisant pas s’il faisait référence à l’explosion de jeudi à Bamenda le chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest.

En août, des séparatistes anglophones ont annoncé via les réseaux sociaux la constitution d’un groupe armé indépendantiste. Le gouvernement camerounais prend la menace très au sérieux. Plusieurs centaines de militaires avaient été déployés en août dans les zones anglophones, après les premiers renforts envoyés sur place il y a plusieurs mois.

Force est de constater que depuis le début de la rentrée scolaire 2017, plusieurs écoles ont été incendiées, notamment à Bamenda alors qu’en fin août, le président du Cameroun Paul Biya avait joué l’apaisement en décrétant l’arrêt des poursuites judiciaires pour « terrorisme et rébellion » contre des leaders de la minorité anglophone.

CARINE MAMBOU
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