AFRIQUE DU SUD: XÉNOPHOBIE, LES ÉTRANGERS FUIENT LES VIOLENCES DE SOWETO

Les immigrés ont fui le township de Soweto suite aux attaques xénophobes qui ont fait trois morts mercredi dernier.

En effet, des violences ont éclaté après que des habitants ont accusé un commerçant somalien d’avoir tiré sur un adolescent et son ami qui auraient tenté de pénétrer dans son magasin. La police pense que cet incident est à l’origine des heurts meurtriers et des scènes de violences qui se sont étendus à d’autres zones de Soweto.

Disons le, les résidents ont également accusé les propriétaires des magasins de vendre des aliments périmés. Au fait, des produits périmés auraient été vendus depuis plusieurs semaines. Mais le malaise est plus profond. Les violences xénophobes sont récurrentes dans les townships du pays, sans réelle réponse des autorités. La façade éventrée de l’épicerie témoigne encore de la violence des événements. A l’intérieur, il ne reste plus qu’une étagère vide, tout a été pillé par les habitants comme cet homme qui souhaite rester anonyme: « Je les aimais bien avant mais le problème c’est qu’ils nous vendent de la nourriture périmée. Et lorsqu’ils se sont installés ici, ils n’ont même pas embauché une seule personne du quartier. Ils ont amené les leurs pour travailler ici ».

Notons le, cet autre habitant de Soweto en est sûr, les commerçants étrangers ne respectent pas les conditions d’hygiènes et donc les clients sud-africains. « Ils cuisinent dans leurs magasins, ils urinent et font même leurs besoins à l’intérieur. Lorsque tu achètes du pain le matin, quelqu’un a dormi dessus toute la nuit. On en a assez maintenant. ». A quelques mètres des ruines, une autre épicerie est restée intacte. Elle appartient à Fikile, un vendeur sud-africain. « Oui, les commerçants étrangers sont trop nombreux à Soweto, dit-il. Ils sont beaucoup plus nombreux qu’il y a cinq ans. Et moi j’ai de moins en moins de clients maintenant. Ça a un impact sur mon chiffre d’affaire, c’est ça le problème. ».

Selon un communiqué de la police, vingt-neuf personnes ont été arrêtées par la police. Les autorités ont condamné les violences sans pour autant souligner leur nature xénophobe ainsi que l’attitude de toutes ces personnes qui ont préféré se faire justice au lieu de laisser les forces de l’ordre agir.

Pour le site d’informations sud-africain TimesLive, les troubles se sont poursuivis tard mercredi soir. Un message à caractère xénophobe a ensuite circulé via l’application WhatsApp invitant quiconque ayant loué une chambre ou une maison à un Somalien de l’expulser. Selon ce message, tous ceux qui ne se plient pas à cette injonction avant le 8 septembre prochain verront leurs maisons et leurs magasins incendiés.

En somme, un certain nombre de ces magasins tenus par les étrangers sont construits dans les cours des résidents. Ils sont gérés notamment par des Ethiopiens, des Zimbabwéens et des Pakistanais. De nombreux commerçants ont fermé momentanément leurs échoppes et ont décidés de quitter Soweto de crainte que de nouvelles violences n’éclatent.

CARINE MAMBOU

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