ALGÉRIE : UNE SESSION SPÉCIALE DU BACCALAURÉAT EST ORGANISÉE CE 13 JUILLET 2017 POUR LES ABSENTS ET LES RETARDATAIRES

Une session spéciale du baccalauréat algérien accordée par le chef de l’Etat à plus de 100.000 candidats absents ou retardataires à la session de juin 2017, débutera ce jeudi 13 juillet 2017 malgré la colère des professeurs et parents d’élèves.

En effet, pour éviter toute réédition de la fraude massive ayant entaché la session 2016, aucun retard aux épreuves n’a été toléré cette année et la traditionnelle demi-heure de grâce a été supprimée, afin d’éviter que les retardataires profitent de manière intentionnelle ou non d’une fuite de sujets sur les réseaux sociaux. Comme résultat à cette stricte mesure, des milliers de candidats en larmes, refoulés aux portes des centres d’examen, closes à l’heure exacte, se sont placés devant les caméras de télévision.

Le président Abdelaziz Bouteflika a de ce fait, accordé une seconde chance à ces retardataires, infligeant au passage un cruel camouflet à sa ministre de l’Education, Nouria Benghabrit, qui avait publiquement exclu l’organisation de nouvelles épreuves et n’a pu dissimuler un air de surprise lors de l’annonce de la mesure présidentielle.

Selon Idir Achour, coordinateur du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), par ailleurs l’un des principaux syndicats d’enseignants du secondaire, cette mesure « unilatérale » du chef de l’Etat est « un affront » pour la ministre et tout le secteur de l’éducation. Il précise que : « C’est une décision populiste et anti-pédagogique » et dénonce ainsi une prime à la paresse et une mesure injuste car : « les retardataires de l’année 2016 n’ont pas eu droit à une seconde chance ».

Le coordinateur du Syndicat national autonome des Professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), Meziane Meriane, abonde dans le même sens. Pour sa part : « On encourage ceux qui ont manqué de sérieux, qui n’ont pas été studieux. Cette décision est une prime aux fainéants car cette nouvelle session coûteuse est en plus du pur gaspillage d’argent public en pleine période d’austérité budgétaire. » Il fait savoir que cette décision va mobiliser 12.000 enseignants dans plus de 4.000 salles d’examens, car, alors que les retardataires étaient initialement évalués à moins de 10.000, il s’est avéré impossible de les différencier des candidats ne s’étant simplement pas présentés à l’une ou l’ensemble des épreuves.

Pour préserver l’égalité des chances, il pense qu’il aurait été plus judicieux d’organiser une session de rattrapage en septembre, réunissant recalés, absents ou retardataires de juin. Une session que prônait aussi le CLA et qu’il veut d’ores et déjà voir à l’ordre du jour pour l’ensemble des candidats, afin de garantir l’égalité des chances. « Dès l’annonce des résultats des deux sessions, nous allons réclamer une session de rattrapage pour les élèves ayant échoué aux épreuves », promet le coordinateur du syndicat.

Force est de constater que l’annonce des résultats de la cuvée 2017 du baccalauréat était prévue le 15 juillet 2017, mais a été repoussée à la fin juillet 2017, en même temps que ceux de la session spéciale. Une fois encore, les candidats de juin doivent attendre leurs camarades retardataires.

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