CAMEROUN: LETTRE OUVERTE DE CABRAL LIBII AUX MILITANTS DU RDPC

« Ma candidature incarne le message d’une alternance apaisée et voulue par la majorité des camerounais » dixit Cabral LIBII candidat à l’élection présidentielle du 07 Octobre 2018.

CI-DESSOUS, LE CONTENU DE LA LETTRE OUVERTE AUX MILITANTS DU RDPC

Mes chers compatriotes,

Je suis Cabral LIBII, candidat à l’élection présidentielle du 07 Octobre 2018.
Vous aurez certainement constaté qu’il n’est pas habituel pour un candidat de l’opposition de s’adresser à vous avant une élection présidentielle. C’est dire la conception que je me fais de l’élection présidentielle dans une république. Le candidat à l’élection présidentielle doit pouvoir parler, rassurer et convaincre tous les camerounais sans aucune distinction. Car la fonction présidentielle est au-dessus de toute posture partisane et le Président de la République est le Président de tous les camerounais. Ma candidature à cet effet, se veut rassembleuse, exclusive de toutes peurs de représailles ou de chasse aux sorcières.

Notre appartenance commune à ce pays doit dépasser nos clivages partisans. J’ai d’ailleurs de nombreux amis et proches qui militent dans votre parti et que je ne cesse d’exhorter à soutenir les nouveaux projet et vision que je porte pour le Cameroun.

Élu, je travaillerai aussi avec vous comme avec chaque camerounais sur la base du mérite.

Je sais qu’il y a parmi vous des personnes compétentes et dévouées pour la patrie. Ma candidature incarne le message d’une alternance apaisée et voulue par la majorité des camerounais, exempte de toute stigmatisation ou de relents de rancune ou de revanche.

C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai toujours dit que la république accordera une attention toute particulière au Président de la République Paul BIYA et à sa famille. Il en sera de même pour la mémoire et la famille de feu le Président Amadou AHIDJO dont je rétablirai aux lendemains de mon élection la dignité et l’honneur en faisant rentrer sa dépouille avec en prime, l’organisation des obsèques officielles. J’envisage d’ailleurs, au-delà de la loi de l’amnistie de 1991 qui avait effacé la condamnation à la peine de mort prononcée par contumace contre lui, réviser ce procès afin d’effacer les faits matériels et leurs conséquences civiles.

En Afrique, on ne juge pas son père. Amadou Ahidjo reste et demeure le père de la nation camerounaise comme le sont Nkwame NKRUMAH pour le Ghana, Jomo KENYATTA pour le Kenya, Houphouet BOIGNY pour la Côte d’Ivoire qui reposent dignement dans leurs pays. Je me rendrai d’ailleurs à Dakar pour m’engager et annoncer solennellement cette décision du retour de sa dépouille au Cameroun.

Dans la même veine, je lancerai la construction dès janvier 2019 d’un cimetière national où reposeront les dépouilles de tous les héros de la lutte d’indépendance. De même, sera construit un mémorial national des héros de l’indépendance, des plus célèbres, aux plus anonymes. Ce lieu de mémoire, sera un espace de ressourcement pour la postérité et un ferment de réconciliation nationale.

Chers compatriotes,

Mon message d’ouverture m’impose néanmoins de vous prévenir sur certains agissements des leaders de votre parti afin que, vous fassiez le 07 octobre 2018, un choix uniquement motivé par l’intérêt supérieur de notre pays.

En effet, il y a quelques jours, plus précisément, le lundi 10 septembre 2018, je suis tombé sur un post rédigé par un président de sous-section du RDPC en ces termes :

« Fils et filles du Dja et Lobo, vous êtes tous invités dans vos chefferies pour faire l’État de vos doléances à court, moyen et à long termes, elles doivent être transmises au Ministre MOTAZE par les chefs de groupement et cantons ainsi que des leaders politiques des sections et mairies avant le lancement de la campagne le 24 septembre prochain. Facebook peut même servir de relais pour certains. Saisissez cette occasion idoine pour poser tous vos problèmes.» Source Z. Z. Bertin.

Quelques temps auparavant fuitera de manière propagandiste et volontaire sur les réseaux sociaux une copie de la lettre n°7207/MINTP /DGET du 30 juillet 2018 de Monsieur le Ministre des travaux publics NGANOU DJOUMESSI adressée au maire de La commune de Meyomessala en ces termes :

« Objet : Aménagement
Monsieur le Maire ,

J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’après exploitation des plans illustrant les tronçons de route identifiés lors de votre descente conjointe avec le Chargé de mission BILE BIDJANG Martin, le coût prévisionnel du bitumage des routes rurales dans les cantons NDU LIBI et YEVAM-YASSAMAN s’élève à 100 milliards de FCFA TTC (Travaux +contrôles) .

Dès lors la possibilité de prendre en considération votre préoccupation en plusieurs phases est envisagée; la première phase pourrait s’exécuter dans le cadre des marchés de l’entreprise ARAB CONTRACTORS.. Quant aux phases suivantes, elles pourront s’exécuter dans le cadre d’un programme d’intervention prioritaire à définir de concert avec le Ministre, Directeur de cabinet civil à la présidence de la république… Veuillez agréér, Monsieur le Maire , l’assurance de ma profonde considération

Vous aurez encore bien compris qu’il s’agit de ces nombreuses manœuvres de duperie sous fond de promesses fallacieuses qui sont toujours faites aux militants par ces cadres du RDPC à la veille de chaque élection. Ces deux cas dans le Dja et Lobo sont illustratifs des messages mensongers que vous allez suivre et écouter dans toutes les régions du pays. C’est en réalité l’expression d’un manque de considération, d’infantilisation et beaucoup de mépris envers la base militante. Les hauts cadres de votre parti vous considèrent tout simplement comme des voix utiles pour leur permettre d’obtenir de « bons résultats » dans leurs circonscriptions respectives afin d’espérer bénéficier de récompenses sous forme de promotions, nominations pour les fonctionnaires, les marchés et contrats pour ceux qui sont dans les affaires.

A l’approche de chaque élection, ils vous promettent monts et merveilles et dès que l’élection est passée, ils vous oublient, s’éloignent de vous et se barricadent dans leurs somptueuses villas construites ou acquises pour l’essentiel au travers des pots de vins et autres détournements de deniers publics. Le développement du Cameroun, votre épanouissement et celui de vos familles et enfants n’ont jamais été leurs véritables préoccupations.

Aujourd’hui, des informations concordantes nous font état de ce que le Président BIYA se rendra à l’Extrême- nord une fois de plus pour appeler les militants du Rdpc de cette région à le maintenir au pouvoir. Pourtant quand l’Extrême- nord pleurait ses enfants, quand la tristesse avait envahi au plus haut degré les populations suite aux attaques meurtrieres de Boko- Haram, il n’a jamais daigné aller les consoler. Dans quel pays au monde, un Président n’aurait pas effectué une visite pour assister son peuple devant un tel drame?

Pire, il avait refusé de rendre hommage à nos jeunes soldats morts au front là-bas. Ses promesses de campagne sont pour ceux qui y croient en attendant une nouvelle élection pour en faire d’autres à l’exemple de celle qu’il fit à la jeunesse de votre parti au congrès du RDPC de 2011 à Yaoundé :

« Nous devons redonner l’espoir à nos jeunes, c’est pourquoi, tant dans le processus de rénovation de notre parti que dans la gestion des charges publiques, nous encouragerons plus encore le rajeunissement des appareils dirigeants. Faire une place significative à la jeunesse, c’est la préparer à prendre la relève, notre relève »

Où est ce renouvellement d’hommes et de la classe dirigeante promise à la jeunesse? Il est toujours avec les mêmes. Une caste de personnes qui se connaissent, se fréquentent, se partagent les prébendes et ne pensent qu’à leur ventre et à leur progéniture.

Je sais que vous avez toujours cru que le président BIYA renouvellerait les hommes et les méthodes de travail, mais à chaque fois vous êtes déçus. Il est donc temps chers compatriotes de comprendre une fois pour toute, que le Président BIYA ne changera pas sa gouvernance. La désignation récente des chefs de délégation de campagne et de leurs membres pour cette élection présidentielle est un exemple patent du refus de renouvellement de la classe dirigeante de votre parti et par ricochet de notre pays, et ce, et toujours au profit de ces personnes qui ont mis notre pays à genoux.

Un militant du RDPC bien connu s’est exclamé au moment de sortie de ces listes dans les réseaux sociaux :

« Décidément le Président ne veut vraiment rien changer. Ce sont les mêmes noms tout le temps et le pays ne fait que s’enfoncer ».

Chers compatriotes,

La question qui vous est dès lors posée et celle de savoir si vous pensez au fond de vous-mêmes que le Cameroun changera avec une nouvelle élection de Paul BIYA le 07 Octobre 2018 ? Seriez -vous prêts à sacrifier encore 07 années de votre vie et de vos enfants pour un homme qui gouverne à travers ces prédateurs de la fortune publique? Vous devez bien vous rendre à l’évidence que le Président BIYA n’est pas du tout impressionné par la base militante de votre parti. Voyez-vous comment, il a évité à solliciter vos suffrages internes au cours d’un congrès vote investiture, préférant passer subrepticement par un article de vos statuts d’ailleurs mal interprété au point où de nombreux juristes s’accordent à dire que faute de prorogation du Congrès à une date précise afin d’élire le président national du parti depuis 2016, son investiture en qualité de candidat du RDPC porte les germes d’une grossière irrégularité juridique. En droit quand on proroge on fixe une date. C’est seulement en cas de renvoi que l’indication de la date n’est pas obligatoire. On dira renvoyer à une date ultérieure et non prorogé à une date ultérieure ; Les textes du RDPC parlent de prorogation du congrès et non de renvoi.

Chers compatriotes,

Regardons les choses en face avec froideur : Le président BIYA est fatigué et il ne peut plus gouverner le Cameroun. Le pays est maintenant entre les mains des groupuscules d’intérêts qui s’entendent pour mieux se servir et non servir. La gouvernance au Cameroun est constituée autour des cartels qui gouvernent en lieu et place du Président de la République qui ne contrôle plus rien. Il n’est de secret pour personne qu’il y a des hauts cadres et fonctionnaires qui se revendiquent appartenir au clan de l’épouse du Président de la République, d’autres aux cercles de ses directeurs de cabinet civil ou des secrétaires généraux à la Présidence de la République, autant qu’ils se succèdent. Effectivement, les promotions aux fonctions administratives et institutionnelles reflètent très souvent les visages de ces groupes. Même les rapports des services qui sont censés informer le Président de la république de la situation du pays sont aussi cartélisés et obéissent à la commande que tel groupe voudrait bien y faire passer.

Un Président de la République doit être un manager actif appelé à coordonner l’action de l’État. Quand on sait le nombre de parapheurs et de situations à régler par jour, à l’heure et à la minute, on ne peut que souhaiter un repos mérité à cet homme qui a fait son temps. 36 ans de pouvoir avec près d’une soixantaine d’années de haute administration, ça épuise. Les camerounais ont aimé et tout donné à cet homme, il est enfin temps qu’il reconnaisse que ce peuple ne veut que vivre en paix et se développer. Le retard est immense.

Ne laissons plus notre pays être géré par procuration 07 ans de plus.

Chers compatriotes,

Une fois de plus, je vous invite donc à regarder l’intérêt du pays et non celui d’un homme. Même si après 36 ans d’un soutien indéfectible, il vous apparaîtra difficile de ne plus voter pour lui. Ce n’est plus lui que vous voterez, mais ces groupes obscurs qui gèrent le pays au détriment de l’intérêt général.

Moi, Cabral LIBII, j’ai une ambition et un projet de société rénovateur pour tous les camerounais. Je n’appartiens à aucune caste ou groupes d’intérêts. Personne ne me tiendra. Je voudrais refonder notre pays afin de donner à chacun de nous le bien-être qu’il mérite, au vu des potentialités énormes que regorge notre pays. C’est pourquoi je promeus un pays qui protège ses citoyens et qui libère les énergies. Mon but, croyez-moi n’est pas d’obtenir une ascension sociale personnelle, mais d’apporter une nouvelle dynamique de développement.

Ainsi, élu Président de la République, je vais dépoussiérer la fonction présidentielle de tous ses oripeaux de monarchie : dégraissage du trois quart des effectifs des personnels au service du Président de la République, réduction de 70% des dépenses de traitement du Président de la République, fin des longs cortèges, fin de l’achat de voitures rutilantes, par exemple le jour de la fête nationale en ma qualité de chef suprême des armées, je viendrais au défilé sur une voiture militaire, fin des paralysies et blocages permanents des routes lors de mes sorties, fin des fortes délégations de personnes qui m’accompagneront lors de mes déplacements à l’extérieur, fin de ce statut hyper privilégié et non officiel de première dame avec toutes les dépenses somptuaires vestimentaires, de personnels et dames de compagnies à son service : ma femme continuera à être cette femme travailleuse contribuant aux charges de notre famille comme elle l’a toujours su le faire comme toutes ses sœurs du Cameroun…

Cabral LIBII s’engage à être un Président efficace, proche et à l’écoute de son peuple qu’il ne manquera pas de visiter très régulièrement. A cet effet, il sera procédé à la réfection des palais présidentiels dans toute la république où je passerai des semaines à travailler de façon tournante.

Au cours de vos meetings de campagne, on vous parlera certainement d’expérience de votre candidat pour la comparer à la mienne. Nous devons bien avoir à l’esprit ces jeunes camerounais au moment de la naissance de l’État du Cameroun qui l’ont dirigé sans avoir une forte expérience administrative : André Marie Mbida et Amadou Ahidjo étaient devenus respectivement premier Ministre, Vice premier Ministre et premier Ministre, après avoir été l’un , l’autre agent du trésor, agent d’affaires, postier télégraphique même si AHIDJO occupa de façon très éphémère(9 mois environ) les fonctions de Vice -premier Ministre chargé de l’intérieur avant de devenir Chef de gouvernement et Chef d’État du Cameroun indépendant.

Ces hommes très jeunes (Amadou Ahidjo était deux années moins âgé que moi), sans grande expérience administrative et sans formation universitaire, avaient pourtant su gérer l’épineuse question de l’indépendance et de la fondation d’un nouvel État dans une atmosphère de guerre civile.

Le plus grand Président de l’histoire du Brésil et qui a fait passer ce pays, de pays à revenu intermédiaire à pays émergent reconnu et respecté dans le monde est un ancien ouvrier et simple syndicaliste : Monsieur IGNACIO LULA DA SYLVA. Ainsi être Président de la République ne veut pas dire être un ancien haut cadre.

Le Président de la République est un leader comme ces chefs traditionnels souvent très jeunes qui accèdent souvent au pouvoir et qui gouvernent et gèrent leur territoire avec une équipe. Le Président de la république est un manager qui doit justifier d’un esprit de leadership et une vision dont il fixe les contours et le cap.

Je ne suis pas seul. Je suis entouré de camerounais de tous bords, hommes et femmes, de tous âges compétents et hautement qualifiés dans leurs divers domaines d’expertise : hauts fonctionnaires de la République et des institutions internationales, hommes politiques ayant ou exerçant des mandats électifs, hauts et moyens cadres et agents du secteur public et privé, professions libérales, conseillers militaires et stratégiques , économistes, ingénieurs, universitaires, industriels, agriculteurs, artisans, hommes de culture et du social, des médias, diplomates, experts en questions de santé, éducation, développement, hommes d’affaires, entrepreneurs, Ministres de cultes etc.

Je ne serai donc pas le Président de tout, mais le garant de la bonne exécution de la vision que je porte, de notre constitution et du fonctionnement des institutions de la république. Le parlement et la justice que je veux absolument indépendants joueront leurs rôles respectifs de contrôle parlementaire de l’action gouvernementale et de régulateur. C’est dire qu’au-delà de mes équipes, je serai aussi appuyé et contrôlé dans l’exercice de mes fonctions par le parlement et l’institution judiciaire.

Je vous invite donc chers compatriotes du RDPC, à me faire confiance
Je ne vous décevrais pas.

Vive le Cameroun,

Votre compatriote Cabral LIBII,
Candidat à l’élection présidentielle du 07 Octobre 2018.

CARINE MAMBOU

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