CAMEROUN: PLAN DU GOUVERNEMENT POUR ASSAINIR LE SECTEUR BANCAIRE DANS LE CADRE DU PROGRAMME AVEC LE FMI

Le gouvernement camerounais s’est engagé dans un processus d’assainissement des banques, a confirmé un haut responsable du ministère des finances, répondant à une question de l’Agence Ecofin, sur les mesures prises en faveur du secteur financier, dans le cadre du programme de réforme économique engagé avec le Fonds Monétaire International.

A ce sujet, le secrétaire général du ministère des finances Gilbert Didier Edoa, sans toutefois donné de détails sur les opérations en cours et les banques qui étaient concernées, fait savoir que « Face aux différents défis que vous avez soulevés, nous travaillons effectivement dans le cadre de ce plan (programme économique ndlr), à améliorer le cadre des activités bancaires, afin de permettre à ce secteur de participer pleinement à la relance de notre économie ».

Si le secteur bancaire camerounais, tout comme l’économie nationale, s’est montré résilient face à la crise de la balance des paiements qui frappe les pays de la CEMAC, il n’est pas à l’abri des quelques vulnérabilités. Les investissements effectués sur les titres publics des pays de la région représentent aujourd’hui 16% de leurs actifs. Ce qui expose ces banques à un potentiel risque de défaut souverain et des pays comme le Congo ou le Tchad qui bataillent durement pour honorer leurs engagements.

On notera que pratiquement cinq banques opérant au Cameroun, sont dans une situation délicate. Il s’agit de trois banques commerciales privées. Les indicateurs que nous avons collectés parlent d’une banque récemment nationalisée et d’une petite banque publique, sans les nommer. Mais on peut bien deviner qu’il s’agit de la Commercial Bank of Cameroon et de la Banque des PME.

En outre, le volume de créances bancaires non remboursées est en augmentation. Le gouvernement reconnait que de 11,5% en 2015, l’encours des créances bancaire douteuses atteignait 14,7% du total des prêts accordés, à la fin de l’année 2016. L’Etat et des opérateurs travaillant avec l’Etat sont au premier rang des débiteurs en difficulté. Au premier trimestre de l’exercice budgétaire 2017, le gouvernement a reconnu avoir manqué d’honorer pour 30 milliards de FCFA de dettes à ses fournisseurs. Une situation qui rajoute à l’inquiétude des banques, de moins en moins enclines à prêter aux demandeurs de crédit.

Selon des sources proches du processus, le plan d’assainissement de ces banques serait déjà presque ficelé et un premier draft devrait être soumis à la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) d’ici la fin du mois d’août 2017. Les arbitrages concernent le coût de financement de cet assainissement. Le gouvernement doit pouvoir engager les actionnaires des banques privés à recapitaliser leur business, une option qui n’est pas gagnée d’avance.

Pour les banques publiques, l’option d’une recapitalisation est la plus plausible, car elle reviendrait moins cher que de procéder à des liquidations. Avec l’absorption de créances douteuses, les experts estiment à près de 400 milliards de FCFA, le coût de cette opération d’assainissement.

En somme, les sources de financement de cette opération n’ont pas encore été présentées. Mais deux leviers d’intervention seraient en discussion au sein du gouvernement. Réaliser un emprunt obligataire d’une maturité longue et en affecter le produit au provisionnement des créances douteuses des banques en difficultés, à travers leur absorption par le trésor public. Mais avant cela, on pourrait déjà avoir un premier renflouement dans le cadre du budget en cours d’exécution. Toutes ces hypothèses doivent encore être confirmées par le gouvernement.

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