CAMEROUN: SELON MARWANE BEN YAHMED DE JEUNE AFRIQUE, LE DESTIN DE PAUL BIYA NE SEMBLE PAS L’EFFRAYER

Selon l’éditorial de l’hebdomadaire Jeune Afrique n° 3002, du 22 au 28 juillet 2008 écrit par Marwane Ben Yahmed: « l’idée de connaître un destin semblable à ceux des Ben Ali, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi, Blaise Compaoré, Yahya Jammeh ou Robert Mugabe ne semble pas effrayer Paul Biya ».

En effet, le journal de Béchir Ben Yahmed dénonce Paul Biya, un dirigeant qui a tout verrouillé parce que « traumatisé » par le coup d’Etat de 1984 et l’élection présidentielle de 1992. Au fait, l’article signé de Marwane Ben Yahmed dans l’hebdomadaire Jeune Afrique est intitulé : « Le mystère Paul Biya ».

Dans ce numéro de Jeune Afrique, Paul Biya, 85 ans y est appelé le « Sphinx d’Etoudi ». Disons le, sur un ton ironique, Marwane Ben fait savoir que le dirigeant s’apprête peut-être enfin à faire campagne pour obtenir « presque à coup sûr »  un septième mandat. Selon lui, « Paul Biya est un homme qui reste fidèle à lui-même, indéchiffrable, inaudible, insaisissable et pourtant… omniprésent. Mais seulement, l’idée de connaître un destin semblable à ceux des Ben Ali, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi, Blaise Compaoré, Yahya Jammeh ou Robert Mugabe ne semble pas l’effrayer ».

En outre, Marwane Ben trouve Paul Biya « souvent absent, distant et injoignable et se demande comment il se débrouille pour être l’un des mieux informés du pays. Ce d’autant plus qu’il connaît le pays comme sa poche, et peut même entre autres le diriger depuis une suite d’hôtel au bord du lac Léman, où il aime à séjourner de longues semaines chaque année ».

L’éditorialiste fait pareillement savoir que depuis 2006, Paul Biya a parfois à distance, fait « embastiller tout ce que le Cameroun comptait de barons, notamment le cas de Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso, Jean-Marie Atangana Mebara et bien d’autres », et se demande « Comment un chef peut-il mettre en place une telle bande de malfaiteurs présumés sans être lui-même mis en cause? ». Pour sa part, afin de mieux respirer au Cameroun, « il vaut mieux ne pas faire de vagues pour durer dans l’entourage du chef de l’État. Mieux vaut aussi ne pas manifester une intelligence trop vive Ou une envergure trop grande ».

Tout en évoquant le coup d’État manqué du 6 avril 1984 et la présidentielle d’octobre 1992 où 60 % des Camerounais ont voté contre lui, Marwane Ben pense que les choix de Paul Biya seraient guidés par « la volonté de garantir à tout prix la stabilité du pays, la perception qu’auront les Camerounais de son héritage,  la protection de sa famille et de son clan, le grand groupe béti ».

En somme, Marwane Ben Yahmed déplore le fait que malgré l’« âge canonique » de Paul Biya dans un contexte où les dirigeants sont de plus en plus jeunes, la seule perspective de ce dernier soit juste de multiplier à l’infini le nombre de ses mandats et qu’aucun dauphin n’ai été désigné, encore moins préparé, au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais à prendre le pouvoir.

CARINE MAMBOU

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