CAMEROUN: VOICI COMMENT LA CIA AVAIT PRÉDIT LA GUERRE EN AMBAZONIE IL Y A 32 ANS

Les escalades de la violence constatées entre l’armée camerounaise et les sécessionnistes dans les régions anglophones depuis octobre 2017 avaient été prédites par les renseignements américains il y a 32 ans.

Selon le média camerounais CamerounWeb, une note confidentielle de la CIA est parvenue à leur rédaction afin d’étayer le sujet. En effet, cette note révèle que les autorités américaines avaient annoncé depuis 1986 que la minorité anglophone du Cameroun pourrait envisager une lutte armée contre le pouvoir central de Yaoundé du fait de leur «marginalisation».

Disons le, à cette époque, les renseignements américains évoquaient comme source du potentiel conflit, les mêmes revendications qui ont débouché sur la crise anglophone telle que vécue actuellement dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Ces revendications concernaient notamment la facilitation de l’accès des étudiants anglophones aux meilleures écoles et universités du pays, la création des universités de langue anglaise ou encore un retour au fédéralisme.

Selon la CIA, en terme de prévention de cette profonde crise socio-politique: « bien que manquant actuellement de leadership et d’unité pour contester efficacement le pouvoir du président Paul Biya, nous croyons que la minorité anglophone est une bombe à retardement, (…) si le gouvernement central ne respecte pas leurs traditions culturelles et linguistiques, cette communauté de deux millions de personnes pourrait envisager la lutte armée comme seule alternative ».

Mentionnons le, plus de 200 personnes, dont une trentaine de soldats, ont trouvé la mort dans les affrontements entre armée et combattants sécessionnistes dans les régions anglophones du Cameroun depuis octobre 2017.

Dans un comuniqué de son Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha), l’Organisation des Nations Unies(ONU) estime à 40.000 le nombre de déplacés causé par ces affrontements. Selon ce dernier, quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement dans les régions anglophones du Cameroun en raison des violences liées au séparatisme anglophone. «La majorité des déplacés a fui dans la brousse avec peu pour survivre. D’autres sont hébergés par des communautés locales qui font également face à des conditions de vie défavorables», indique le communiqué de l’Ocha.

Selon l’agence nigériane de gestion des urgences (SEMA), outre ces 160.000 déplacés, 34.000 personnes ont trouvé refuge au Nigeria voisin dans l’Etat de Cross River, et fait pareillement savoir que les camerounais traversent la frontière à pied, dans des zones montagneuses et de forêt dense très peu accessibles du fait du manque de routes, rendant difficile leur enregistrement.

CARINE MAMBOU

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