CAMEROUN:PHENOMENE DE XENOPHOBIE,CHASSE AUX BAMILEKES DANS LE NOUN REGION DE L’OUEST

Ce 11 mai 2017,152 planteurs de la localité de Kouoptamo sont actuellement réfugiés dans la ville de Bafoussam et ses environs ayant étés dépossédés de leurs exploitations.Des maisons sont brûlées tandis que les propriétés revendues depuis quelques temps à de nouveaux acquéreurs par certains autochtones.

Des hommes vêtus en treillis militaire, machettes, couteaux, flèches, sagaies et gourdins à la main. Des récoltes prises de force par les assaillants. Des semis détruis et des parcelles pulvérisées à l’herbicide ou piétinées. Des planteurs sommés de retourner «chez-eux». Des maisons incendiées et leurs habitants au pas de course pour éviter le pire. Des femmes violées du fait de leur appartenance à une tribu différente de celle des «autochtones»,c’est la mouvance qui sevit actuellement dans la région de l’ouest du pays.

Des motocycles et autres engins endommagés. Des policiers molestés et des armes confisquées par des populations. Nous ne sommes pas dans un pays en pleine guerre civile. Ces scènes se déroulent dans l’arrondissement de Kouoptamo, dans le département du Noun. Depuis le mois de juillet 2016, la localité est le théâtre d’une vague de violences xénophobes. Les victimes sont les planteurs ressortissants de l’ethnie Bamiléké.

Des «Allogènes et des  envahisseurs» selon les propos tenus par certains interlocuteurs dans la localité. Le bilan n’inclus pas des pertes en vie humaine mais le pire n’est pas écarté. Depuis quelques jours, la violence a intensifié. A ce jour, six maisons ont volé en fumé. Les planteurs pris en grippe ce sont réfugiés, pour la plupart, chez des parents ou des connaissances dans la ville de Bafoussam et ses environs.

Certains parmi eux présentent des séquelles. Des blessures contractées lors des expéditions punitives emmenées par des personnes présumées aux ordres du nommé Mounsabe Mohamed, variablement présenté comme chef du village Kouopnkare et du nommé Nji Tanji. Tous de l’arrondissement voisin de Foumbot. Installés dans l’arrondissement de Kouoptamo depuis 50 ans pour la plupart, les migrants d’origine Bamiléké sont désormais la cible de certains de leurs concitoyens dit autochtones.

De sources concordantes, l’actuelle fronde est menée par les nommés Mounsabe Mohamed, chef du village Kouopnkare- Fouchieya et Nji Tanji Mohamed, tous deux estimant avoir été spoliés des terres cédées par le défunt Nji Maloune. Une convoitise dénoncée par Ndam Ismaïla, héritier du défunt propriétaire des terres querellées. Des terres légalement acquises par les planteurs pourchassés au nom de la reconstitution de la «dynastie Nji Tanji» sur ses terres, comme le clame certains assaillants.

Les antagonistes de cette affaire qui prend des proportions dans la région de l’Ouest évoquent souvent l’implication présumée du Sultan-Roi des Bamouns pour des raisons diverses.Une correspondance destinée au Sultan-Roi des Bamouns évoque néanmoins une audience entre le monarque et la Communauté Bamiléké de Kouopkaré-Koupara de Kouoptamo. Audience au terme de laquelle le Sultan aurait rassuré les plaignants. Des assurances ignorées quelques jours plus tard par la bande à Mounsabe Mohamed.

Source:Camer.be

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