FAROTAGE : DU M’AS-TU VU OU SIMPLE GENEROSITE ?

Il faut rappeler au préalable que le farotage qui exprime une extrême façon de donner de l’argent à quelqu’un, sans rien demander en échange, est un mot qui est né dans les sociétés camerounaise et ivoirienne. Au fil du temps, il a envenimé d’autres sociétés africaines. Ainsi les plus fortunés, à chaque regroupement festif, ramènent d’importantes sommes d’argent pour imposer leur notoriété et leur importance au vu et au su de tous, en distribuant des billets de banque aux « nécessiteux » présents (artiste, danseur, ou personnes lambda). Si pour beaucoup la générosité de ces personnes est tout de même hors du commun, pour d’autres ils sont beaucoup plus opportunistes, forts du fait que par cette action ils se font remarquer et reflètent généralement une image qui est loin de leur vécu quotidien.

Les Faroteurs s’arrachent ainsi des titres fallacieux et des appellations hors norme. Il va sans dire qu’après cela on porte automatiquement une étiquette de président, roi pétrole, maestro et bien d’autres noms, même si le portefeuille est inexistant. Devenir président de part l’action de générosité, peut-on véritablement dire que ces personnes se réjouissent d’être appelées ainsi ? Dans les soirées et manifestations Afro de France, Etas-unis, Afrique du sud, voir même dans le monde, le farotage a élu domicile et reste une partie intégrale du menu du jour ou de la soirée. Il va sans dire que le farotage rend les soirées agréables et reste indispensable pour des retrouvailles.

Cependant pour un artiste qui est sensé faire une prestation sur une scène, il signe au préalable son cachet de la soirée en tenant compte du fameux farotage qui viendra compléter le montant de son dit cachet. Notons aussi que le farotage est parfois à l’origine de certains couacs entre artistes, pour trois artistes sensés partager une scène par exemple, l’ordre de passage pose généralement un problème majeur car quand l’un d’eux arrive à obtenir le premier passage il monopolise la scène allant même jusqu’à épuiser son répertoire histoire d’encaisser tout le farotage. Comme répercution directe, certains artistes se retrouvent à 5h du matin sans prester. Dans le cadre de l’évènement Camga Awards en Afrique du Sud l’année dernière, presenté par son promoteur Wenceslaus Wundja connu sous le nom de petit Libota, l’operateur économique camerounais Eric Talla alias CHAMA s’est imposé avec un « Tais toi c’est moi qui fait le travail » ou encore un « Chut! This is me guys ! » dans la salle comme vous pouvez le voir en vidéo.

En définitive, le farotage, action de donner les billets de banque, gratuitement, à des personnes, reste un moyen essentiel de se faire remarquer. Mais toutefois permet à plus d’un d’avoir des titres et de s’imposer au sein d’une société quelconque. Comme quoi « tout bon flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute » ou encore comme le dit un proverbe africain « la bouche qui mange ne parle pas ». N’allez surtout pas demander à savoir comment cet argent se gagne. C’est plus compliqué que votre entendement.

ISMAËL KARIM

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One Comment

  1. guy sandy

    septembre 30, 2016 at 2:50

    C’est la manifestation de la mentalité arriviste. La démonstration de la pauvreté spirituelle.. Pas étonnant que c soit la propriété des africains

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