GHANA: LE RÔLE DE KOFI ATTA ANNAN DANS LA GESTION DES CRISES EN AFRIQUE

Kofi Atta Annan, né le 8 avril 1938 à Kumasi au Ghana et mort le 18 août 2018 à Berne des suites d’une « courte maladie », est un diplomate, homme politique, économiste, homme d’État ghanéen et l’un des dirigeants les plus populaires et charismatique des Nations unies.

En effet, l’ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Kofi Atta Annan, est mort ce samedi 18 août 2018 à l’âge de 80 ans, des suites d’une « courte maladie ». Après 40 ans passés au sein de l’ONU, dont 10 au poste de secrétaire général, le charismatique Kofi Annan a acquis une renommée mondiale. Tout au long de sa carrière, il a oeuvré pour le maintien de la paix et a eu à gérer de nombreux dossiers brûlants.

Disons-le, l’économiste et homme politique a connu plusieurs de ses plus beaux succès diplomatiques sur le continent africain notamment:

  • En 2006, lorsqu’il supervisa un accord entre le Nigeria et le Cameroun au sujet de la péninsule pétrolière de Bakassi, au coeur d’un long différend entre les deux pays.
  • En 2008, après l’annonce de la victoire contestée de Mwai Kibaki contre Raila Odinga, des affrontements communautaires éclatent entre les tribus Kikuyus d’un côté et Kalenjins et Luos de l’autre avec comme bilan officiel plus de 1000 morts et 600 000 déplacés. L’Union africaine avait alors fait appel aux talents de diplomate de Kofi Atta Annan pour tenter d’éteindre l’incendie des violences post-électorales au Kenya. Au fait, arrivé à Nairobi au début de l’année 2008 dans un pays ravagé par les violences, le diplomate onusien a réussi en quelques semaines à faire signer un accord de partage du pouvoir entre les deux hommes au sein d’un gouvernement d’union nationale. Au terme de difficiles négociations, les deux parties ont finalement accepté la mise en place d’une nouvelle Constitution ainsi qu’une commission vérité, justice et réconciliation. Selon l’analyste politique Nanjala Nyabola sur Twitter, « Il n’y a pas un pays dans le monde qui soit plus redevable à Kofi Annan que le Kenya ».
  • En 1994, lors du génocide du Rwanda, Kofi Annan était secrétaire adjoint aux opérations de paix. Ce fut l’un des épisodes le plus sombre et le plus difficile de sa carrière. Au fait, sur le plan diplomatique et sur le plan politique, Kofi  Annan était informé de tout ce qui se passait sur le terrain mais pas sur le plan décisionnaire car une bonne partie des décisions étaient prises par Boutros Boutros-Ghali, l’ex-secrétaire général de l’ONU à cette époque. Notons-le, l’incapacité de la communauté internationale à empêcher le génocide rwandais marquera à jamais le diplomate ghanéen car à plusieurs reprises, il a exprimé publiquement ses regrets sur le sujet en ces termes:« C’était un échec pour nous tous. C’était un échec collectif. Nous avons tous échoué au Rwanda. Il y a eu un manque de volonté politique. Non un manque d’informations.». Quelques années plus tard, à l’occasion du 10e anniversaire du génocide, Kofi Annan nommé alors secrétaire général des Nations unies en 1997, déclara:« La communauté internationale n’a pas été à la hauteur au Rwanda et cela devra toujours être pour nous une source de regrets amers et de chagrin».
  • En 1997, lorsque Kofi Annan prend ses fonctions à la tête des Nations unies, l’épidémie de Sida avait pris de l’ampleur. 24 millions de personnes sont atteintes, 3,5 millions de nouvelles contaminations et plus d’un million de morts tous les ans. Le traitement antirétroviral, lui n’est presque disponible que dans les pays riches. Le diplomate va alors fait de cette épidémie l’une de ses priorités.
  • En 2000, Kofi Annan fait réunir le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’adoption de la résolution 1308 en identifiant le Sida comme une menace pour la sécurité internationale. Sous l’égide de son secrétaire général, les Nations unies l’affirment en ces mots :« la lutte contre l’épidémie est l’affaire de tous ». Ce principe sera alors consacré en 2001. Pour la première fois, le diplomate a réuni une session spéciale de l’assemblée générale de l’ONU consacrée spécifiquement au VIH/Sida, en interppellant la solidarité internationale et la création de ce qu’il nomma alors « un trésor de guerre ».

Force est de constater que cet appel du populaire et charismatique Kofi Atta Annan a débouché sur la création du Fonds mondial de lutte contre le sida. C’est par ailleurs, un mécanisme de financement qui est nourri par les pays riches et qui permet aujourd’hui de développer les offres de traitement et de prévention dans les pays qui n’en ont pas les moyens. On estime aujourd’hui près de 9 millions de personnes qui en bénéficient.

CARINE MAMBOU

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