GHANA: TROIS JOURNALISTES DU QUOTIDIEN D’ÉTAT ONT ÉTÉ COPIEUSEMENT MOLESTÉS PAR DES POLICIERS À ACCRA

Selon une ONG de défense des droits des journalistes qui exige des sanctions pénales, trois journalistes ont été molestés par des policiers jeudi dernier à Accra au Ghana.

En effet, la nouvelle a été donnée par l’Association des journalistes du Ghana (GJA) par le biais d’un communiqué rendu public le vendredi 15 mars 2019. Selon l’ONG ghanéenne des droits des journalistes, Raissa Sambo, Malik Suleman et Salifu Abdul Rahman agents du quotidien d’État « Ghanaian Times Newspaper » ont été copieusement molestés jeudi dernier par des policiers en colère.

Selon l’Association des journalistes du Ghana, tout a commencé par un incident causé par un motard qui a enfoncé son engin non immatriculé sur la voiture dans laquelle ils faisaient des courses ce matin-là. Le véhicule de marque Nissan appartenant à leur entreprise a été endommagé au niveau du pare-brise et du pare-chocs. Plutôt, que de s’excuser, le policier a pris la clé des champs. C’est ainsi que les trois journalistes ont poursuivi le motard et l’ont rattrapé en s’immobilisant en travers de la voie de manière à l’empêcher de passer.

Par la suite, un journaliste est descendu pour faire des reproches au policier pendant qu’un autre filmait la dispute avec son téléphone. Mécontent, le policier qui venait d’être rejoint par ses collègues a demandé au journaliste de détruire le film. Face au refus, ils se sont mis à frapper les trois journalistes. Disons-le, Malik Suleman, l’un des journalistes a été placé en détention avant d’être libéré ce matin sur ordre du chef de service des Relations publiques de la police David EkluRaissa Sambo qui a accouché d’un bébé il y a deux mois, en ce qui la concerne, a été admise à l’hôpital où ses blessures sont en train d’être soignées.

Pour la GJA, c’est un incident « barbare » qui ne devrait pas avoir droit de cité dans un « État démocratique ». L’ONG exige ainsi des sanctions pénales de manière à « étouffer une culture basée sur l’impunité dont bénéficient jusqu’ici des auteurs d’agressions à l’encontre des journalistes ». Pour David Eklu, la doléance sera prise en considération en ces termes:« Soyez rassurés. Cet acte ignominieux ne sera pas impuni. Une enquête est en cours et ils seront punis en connaissance de cause ».

En rappel, si le Ghana a occupé la 23è place dans le classement 2018 de la liberté de la presse, le pays a mal démarré l’année 2019 car en janvier dernier, Ahmed Husein, un journaliste d’investigation a été abattu alors qu’il rentrait chez lui. Il faisait partie de l’équipe de reporters infiltrés dirigée par le célèbre journaliste Anas Aremeyaw Anas, qui a fait éclater l’an dernier un vaste scandale de corruption et de matchs truqués, conduisant à de lourdes sanctions des instances internationales.

CARINE MAMBOU

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