GUINEE EQUATORIALE:SOCIETE GENERALE, AFFAIRE DE BIENS MAL ACQUIS

Selon le journal français  »Les Echos  »ce 21 décembre 2016, trois expatriés de la banque française Société Générale, dont deux Français, sont poursuivis pour violation du secret bancaire en Guinée-Equatoriale par le vice-président et fils du président Teodorin Obiang,à quelques jours de son procès prévu en France dans l’affaire des biens mal acquis.Ils ont été arrêtés en Guinée équatoriale pour transmission des informations couvertes par le secret bancaire à la justice française qui enquête sur l’affaire des biens mal acquis par plusieurs dirigeants africains dans l’Hexagone.Les deux français ainsi que les ressortissants de la Guinée équatoriale ,font alors l’objet d’auditions depuis vendredi dernier ou leurs passeports et portables leur ont été retirés. Selon une source proche de la banque citée par le journal économique français Les Echos, « les salariés français auraient récupéré leurs passeports mais n’ont pas reçu l’autorisation de quitter le territoire Guinéen ».Ils vont devoir comparaitre au nom de la Société Générale « pour une audition » selon l’avocat de Teodorin Obiang.Ces arrestations faut le dire interviennent environ deux semaines avant l’ouverture à Paris du procès de ce dernier.Mentionons que Teodorin Obiang a été promu au poste de vice-président de la Guinée équatoriale après la réélection en avril 2016, avec plus de 90% des voix de son père champion africain en terme de longévité présidentielle Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979 en fin juin 2016.

En effet,Teodorin obiang est accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable,dont un hôtel particulier de 4.000 m2 dans le très chic XVIe arrondissement de Paris,des voitures de marques prestigieuses, et l’acquisition d’une partie de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé pour 18,3 millions d’euros,en détournant de l’argent public de ce petit pays du golfe de Guinée,par ailleurs troisième plus gros producteur d’or noir d’Afrique subsaharienne.Agé de 47 ans, Teodorin Obiang est également poursuivi pour blanchiment d’argent,abus de biens sociaux, détournement de fonds publics,abus de confiance et de corruption.Son procès est prévu les 2, 4, 5, 9, 11 et 12 janvier  2017, devant le tribunal correctionnel de Paris.

D’après le communiqué officiel du gouvernement équato-guinéens, les trois cadres expatriés de la Société Générale mis en cause ce 15 décembre 2016 ,sont accusés d’« avoir transmis des relevés de compte et des données bancaires de personnalités importantes de notre pays à d’autres institutions étrangères ».Elles suspectent ceux qu’elles qualifient d’« espions » de travailler pour les ONG «Transparency International et Sherpa» à l’origine de la plainte ouverte par le vice-président dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis » En outre,ils sont accusés d’avoir transmis des informations couvertes par le secret bancaire à la justice française. Le groupe Société Générale indique alors qu’il collaborait avec la justice locale mais précise que sa filiale,la Société générale de banques en Guinée équatoriale (SGBGE) n’a pas été interrogée par la justice française a ce sujet.

Pour la banque ce n’est pas tout à fait une première car entre 2007 et 2009, Jean-Marie Navarro directeur de la SGBGE avait déjà été placé en garde à vue dans le pays pour les causes similaires.Placé sous le statut de « témoin assisté » par la justice française en août 2015 dans le cadre de la mise en examen en 2014 de Teodorin Obiang, le groupe bancaire français a finalement bénéficié d’une ordonnance de non lieu qui le dispense de son statut de témoin assisté au procès du vice-président de Guinée équatoriale.Mais en tant que banquier de la société guinéenne d’exploitation de bois Somagui, détenue par la famille présidentielle, la Société Générale a eu accès aux comptes de Teodorin Obiang.

Selon le quotidien français Le Monde, la SGBGE aurait aussi permis le transfert en France de 22 millions d’euros en avril et de 25 millions d’euros en juin 2006. Ces montants étaient destinés à acquérir un jet privé et une résidence à Malibu, pour M. Obiang. Le Monde précise aussi que ces découvertes ont été faites par les juges Roger Le Loire et René Grouman ,juges chargés de l’enquête sur les avoirs détenus en France par les familles dirigeantes de la Guinée équatoriale, du Congo-Brazzaville et du Gabon, communément appelée « l’affaire des biens mal acquis».

CARINE MAMBOU

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One Comment

  1. FOZIN Fomo2 Joseph

    décembre 22, 2016 at 10:00

    Il aurait pu créer des entreprises même en achetant des idées. Justifier ses avoirs devant la justice française sera très compliqué bonne chance quand même

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