MALI: QUE FAIRE FACE À LA GROSSE INCONNUE À DEUX JOURS DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ?

À deux jours du scrutin, la lancinante question de la fiabilité du fichier électoral n’est pas encore réglée dans le pays.

En effet, les Maliens ont rendez-vous avec les urnes ce 29 juillet 2018. Mais, seulement, la fiabilité du fichier électoral n’est pas encore réglée, ce qui pourrait encore provoquer une crise politique aigue dans ce pays déjà fragilisé par les violences au nord et au centre. Au fait, c’ est souvent à cause des questions de gouvernance électorale, et même de la mauvaise foi que très souvent naissent des crises politiques très aigues en Afrique.

Disons le, il reste quelque 48 heures pour que les Maliens désignent le successeur d’Ibrahim Boubacar Keïta, 71 ans, élu en 2013 et candidat à sa propre succession. Les cœurs battent déjà la chamade tant du côté des 24 candidats que du côté des électeurs. Mais, avant l’échéance, un bâton risque de faire dérailler la machine électorale, en cause du fichier électoral qui déchaîne toutes les passions et les ardeurs dans la classe politique malienne. Selon les estimations, d’Ibrahim Boubacar Keïta (président sortant) et les explications données la semaine dernière par le directeur de campagne de Soumaïla Cissé, par ailleurs chef de file de l’opposition et challenger, Tiébilé Dramé, ce fichier électoral est « totalement différent » de celui audité le 27 avril dernier par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Notons le,  si le fichier mis en ligne le 4 juillet 2018 par le gouvernement faisait état de 8.105.154 électeurs, celui audité par les experts internationaux de l’OIF revendique lui, un chiffre de 8.000.462 électeurs. Soit un surplus d’une centaine de milliers de voix. Sur le sujet, le directeur de campagne Tiébilé Dramé affirme qu’: « il ne s’agit ni plus ni moins que d’un fichier parallèle ».

En outre, selon les explications du ministre de l’Administration territoriale, chargé de l’organisation des élections au Mali, Mohamed Ag Erlaf le 24 juillet dernier, si l’administration malienne reconnaît « les erreurs techniques dans la mise à jour du fichier, elle rejette toutefois la tentative de fraude car les tables 2, 3 et 4 du fichier mis en ligne n’ont pas été mises à jour. Cela voudrait dire que le nombre de villages a changé et qu’on n’a pas mis à jour. Le nombre de bureaux de vote aussi a changé parce que la loi a changé, et l’on n’a pas mis à jour. Et c’est de là que provient l’erreur qui a servi à intoxiquer l’ensemble des citoyens en leur donnant de mauvaises informations ».

Malheureusement, cette explication est loin de convaincre tous les candidats, d’autant plus que le camp du candidat Soumaïla Cissé a boycotté une réunion entre le gouvernement, les partis politiques et les membres de la Commission électorale et les agents de la délégation aux élections.

En somme, selon Moussa Traoré, ancien président du Mali pendant 23 ans, et renversé par coup d’État en mars 1991, il « faut absolument régler cette question avant dimanche afin de trouver une solution de paix au pays ». Déjà fragilisé par des questions sécuritaires au nord et au centre où les affrontements entre jihadistes et forces armées appuyées par les Casques bleus, les troupes de Barkhane et du G5 Sahel, le Mali fait face à un sérieux problème de gouvernance électorale.

CARINE MAMBOU

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  1. […] Keïta, 73 ans, ou lui préférer un de ses 23 concurrents, dont le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, 68 ans. Les premiers résultats sont attendus ce mardi ou mercredi et les résultats officiels […]

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