MALI: PRÉSIDENTIELLE 2018; SOULAGEMENT ET BILAN À MI-PARCOURS MALGRÉ LES VIOLENCES JIHADISTES

Ce lundi, les autorités et la classe politique du Mali ont salué la tenue du premier tour du scrutin en dépit de quelques dysfonctionnements et d’une participation modeste de la population à l’election présidentielle 2018.

En effet, la communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l’opération Serval déclenchée en 2013 contre les jihadistes, et avec les Casques bleus de l’ONU, attend du vainqueur une relance de l’accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg, dont l’application accumule les retards. Au fait, malgré cet accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Notons-le, plus de huit millions d’électeurs étaient convoqués ce dimanche pour élire leur nouveau président notamment reconduire pour cinq ans le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, ou lui préférer un de ses 23 concurrents, dont le chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, 68 ans. Les premiers résultats sont attendus ce mardi ou mercredi et les résultats officiels provisoires d’ici vendredi, avant un éventuel second tour le 12 août prochain.

Sans plus de détails, une source du ministère de l’Administration territoriale a fait savoir que:« Si l’on tient compte du taux des 10 dernières années, le taux de participation n’est pas du tout catastrophique ». Néanmoins, selon les premières constatations d’observateurs électoraux et de journalistes de l’AFP, le taux de participation n’était pas connu dans l’immédiat mais s’annonçait traditionnellement bas au premier tour de cet élection présidentielle dans ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest, qui compte une vingtaine d’ethnies, connu pour son rayonnement culturel, surtout que moins d’un tiers des plus de 15 ans sont alphabétisés.

En revanche, une série d’incidents, essentiellement dans des zones rurales, se sont produits malgré la mobilisation de plus de 30.000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, heureusement aucun mort n’a été signalé.  Pour le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, l’organisation de ce vote « est un immense défi sécuritaire en dépit d’incidents sécuritaires mineurs ». Le ministère de la Sécurité pour sa part, a fourni peu après la fin du vote un bilan selon lequel « les incidents ont empêché le vote dans 105 bureaux sur plus de 23.000, dont 61 bureaux n’ont pu ouvrir dans les régions de Mopti au centre et de Tombouctou dans le nord-ouest, en raison de l’insécurité ».

En somme, le ministère de l’Administration territoriale, en charge des élections, a publié des statistiques hier nuit portant sur 4.632 bureaux où le vote a été perturbé par des attaques à main armée et autres violences. Sur ce total, le vote n’a pu se tenir dans 644 bureaux, dont plus de 500 dans la région de Mopti. De son côté, le directoire de campagne du chef de l’opposition a exprimé sa satisfaction légitime après le vote, tout en déplorant que l’Etat ait failli à sa mission de sécurisation du scrutin.

CARINE MAMBOU

 

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