NIGER: REPRISE DE MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI DES FINANCES

Des milliers de personnes ont manifesté, hier dimanche 9 septembre 2018 à Niamey, dans le cadre des contestations contre la loi de finances, initiées par un collectif d’organisations de la société civile.

Au Niger, les manifestants exigent une fois de plus l’abrogation de la loi des finances 2018, le départ des forces militaires étrangères du pays et des meilleures conditions de vie. En effet, partis de la « Place Toumo » située dans la périphérie Est de Niamey, les manifestants ont parcouru près de deux kilomètres pour rejoindre la « Place de la concertation », sise devant le siège de l’Assemblée nationale, où ils ont tenu un meeting.  Dans une intervention en langue haoussa, le secrétaire général de l’association « Alternative Espaces Citoyens (AEC) » Moussa Tchangari, a déclaré:« Après près de six mois que nos manifestations étaient interdites, nous voici aujourd’hui réunis dans cette place pour réitérer notre rejet catégorique de la loi de finances ».

Les principaux leaders de la société civile arrêtés en mars dernier pour organisation et participation à une manifestation interdite et destruction de biens publics, et libérés en juillet disent vouloir faire plier le gouvernement en organisant ces manifestations. Des leaders des partis politiques et des centrales syndicales des travailleurs sont aussi intervenus pour réitérer le soutien de leurs organisations à la lutte de la société civile contre la loi de finances 2018. C’est le cas de l’ancien ministre des Affaires étrangères et président du « Mouvement patriotique nigérien (MPN Kiishin Kassa) », passé depuis quelques mois à l’opposition, suite à sa démission du gouvernement et la rupture de l’alliance entre son parti et le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), le principal parti au pouvoir.

A l’initiative de l’association AEC, du mouvement Croisade et du MPCR, un collectif d’organisations de la société civile nigérienne a engagé, depuis le mois d’octobre 2017, des actions visant l’annulation de certaines mesures de la loi de finances 2018. Disons le, les manifestants reprochent au budget 2018 d’accorder des cadeaux fiscaux aux multinationales et d’appauvrir les couches sociales défavorisées à travers des nouvelles impositions. La manifestation a pareillement vu la participation de milliers de citoyens dans la capitale. Des marches similaires ont eu lieu à l’intérieur du pays.

Force est de constater que contrairement au 11 mars dernier, la manifestation de samedi a été autorisée. Elle a été pacifique et sous la vigilance d’un important dispositif sécuritaire.

CARINE MAMBOU

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